15 mars 2010
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Émeutes en Grèce

Le mouvement de protestation s'étend à d'autres villes européennes

eitb.com - 11/12/2008 | Avec agences |
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À Bordeaux, deux véhicules ont été incendiés vers 3h15 jeudi matin devant le consulat de Grèce et la porte du consulat a été endommagée. Par ailleurs, plusieurs universités et écoles continuaient d'être occupées jeudi en Grèce.

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A l'Ecole Polytechnique, au centre d’Athènes, une quarantaine des jeunes ont jeté des pierres contre les forces anti-émeutes, qui ont recouru à des tirs des gaz lacrymogènes pour les disperser.

L'Ecole Polytechnique ainsi que quinze établissements universitaires et cent lycées à Athènes et Salonique sont occupés depuis le début de la semaine par des étudiants et des jeunes, pour protester pour la mort d'Alexis Grigoropoulos, tué samedi par un policier.

La Grèce est plongée depuis samedi à une vague de violences, qui ont provoqué d'importants dégâts à des dizaines de banques et des centaines de commerces à Athènes et dans les grandes villes. Toutefois, depuis mercredi, il y a eu une baisse de la tension, les affrontements se sont principalement limités aux abords des universités d'Athènes et Salonique.

Les manifestations gagnent d'autres villes européennes

Deux véhicules ont été incendiés vers 3h15 jeudi matindevant le consulat de Grèce à Bordeaux et la porte du consulat a été endommagée,apprend-on auprès des pompiers de la ville.

Huit personnes ont été évacuées d'un immeuble voisin.Deux enfants et deux adultes incommodés sans gravité par les fumées ont ététransportés au Centre hospitalier universitaire de Bordeaux.

Une enquête est ouverte pour déterminer les causes de l'incendie desvéhicules.

A Madrid, quelque 200 personnes ont pris pour cible un poste de police, desmagasins et des banques, et neuf personnes ont été arrêtées, selon la police.

A Barcelone, une ressortissante grecque et un autre étranger dont lanationalité n'a pas été précisée ont été arrêtés lors d'une manifestationsimilaire. Deux policiers ont été légèrement blessés.

Selon les médias, qui citent des témoins, les manifestants ont crié desslogans en soutien au jeune de 15 ans tué par un policier grec.

Arrêts de travail

Les syndicats avaient convoqué une grève générale de 24 heures pour protester contre la politique d'austérité du gouvernement.

Des arrêts de travail ont eu lieu dans les chemins de fer, le métro d'Athènes, les autobus et les tramways. Les transports aériens ont été perturbés et aucune liaison maritime n'a été assurée avec les îles grecques, selon les syndicats.

Le fonctionnement des banques, administrations et grandes entreprises du secteur public, comme l'Electricité de Grèce (DEI), a été affecté. De nombreuses écoles ont été fermées.

Contre la politique économique et sociale du gouvernement

Dans un communiqué, les syndicats ont critiqué la politique économique et sociale du gouvernement et ont aussi exprimé "leur colère pour l'assassinat d'Alexis Grigoropoulos". Ils avaient appelé à un rassemblement pacifique sur la place Syntagma, devant le Parlement, dans le centre d'Athènes.

Mais des échauffourées ont éclaté en marge de ce rassemblement de plusieurs milliers de personnes. Des groupes de jeunes s'en sont pris aux forces anti-émeutes, scandant "Assassins". La police a fait usage de gaz lacrymogène.

A Salonique, des affrontements ont eu lieu en marge d'une manifestation d'environ 2.000 personnes, selon une source policière. Des jeunes ont jeté des projectiles sur la police qui a riposté avec des gaz lacrymogènes.

La colère des jeunes Grecs est selon des observateurs le signe d'un profond malaise et d'une radicalisation de la jeunesse minée par l'insécurité économique et le chômage.

Appel à la démission du gouvernement

La crise a pris une tournure de plus en plus politique, surtout depuis que l'opposition socialiste a appelé mardi à la démission du gouvernement de M. Caramanlis, déjà déstabilisé par une série de scandales et par les retombées de la crise économique internationale.

Le Premier ministre, tentant de reprendre le contrôle d'une situation qui semble lui échapper, a adressé mardi soir un nouveau message radio-télévisé à la nation. Qualifiant les fauteurs de trouble d'"ennemis de la démocratie", il s'est engagé "à rétablir le sentiment de sécurité et la légalité", et a de nouveau appelé à l'unité nationale.

Mercredi, il a annoncé des mesures pour l'indemnisation des entreprises et commerces qui ont subi des dégâts. Selon une estimation provisoire de la Chambre de commerce et d'industrie d'Athènes, 435 entreprises et commerces ont été touchés à Athènes, et les dégâts sont évalués à 50 millions d'euros.




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