
Les partisans du président iranien Mahmoud Ahmadinejad ont célébré mardi sa réélection officialisée la veille par le Conseil des Gardiens après plus de deux semaines de contestation des résultats du scrutin présidentiel du 12 juin, qui ont donné lieu aux manifestations les plus importantes en Iran depuis la Révolution islamique de 1979.
Le Conseil des Gardiens, principale instance supervisant les élections en Iran, a jugé lundi le scrutin présidentiel valide après un recomptage de 10% des bulletins de vote.
Accusé par l'opposition de favoriser le président sortant, le Conseil a affirmé n'avoir découvert que de "légères irrégularités" après avoir sélectionné au hasard et recompté 10% des quelque 40 millions de bulletins de vote.
"A partir d'aujourd'hui, le dossier de l'élection présidentielle est clos", a déclaré le porte-parole du Conseil, Abbas Ali Kadkhodaei sur la chaîne publique Press TV.
La décision était attendue depuis que le Guide suprême Ali Khamenei avait approuvé le 19 juin les résultats de l'élection, jugée irrégulière par le candidat réformateur Mir Hossein Moussavi, principal rival d'Ahmadinejad, qui réclame l'organisation d'un nouveau scrutin.
Une presse unanime... quand elle est aux ordres
La décision du Conseil faisait mardi les gros titres des journaux pro-Ahmadinejad alors que les quotidiens soutenant le réformateur Mir Hossein Moussavi lui ont accordé une place beaucoup plus réduite.
Les observateurs occidentaux jugent douteuse et peu réaliste la large victoire du président ultraconservateur, crédité de plus de 62% des voix.
Après l'élection, de nombreuses manifestations ont été menées par les pro-Moussavi pour contester les résultats du scrutin mais elles se sont heurtées à une répression croissante de la police, soutenue par les miliciens islamiques bassidji.
Les divisions persistent
Malgré la décision du Conseil, le pays semble profondément divisé entre pro-Ahmadinejad et pro-Moussavi.
Signe qu'une possible purge se prépare dans le secteur économique le plus important du pays, l'agence de presse indépendante Fararu a rapporté le départ de trois responsables de l'industrie pétrolière considérés comme proches du camp réformateur.
Les USA se réservent le droit... d'être observateur
Le gouvernement de Téhéran a annoncé que Mahmoud Ahmadinejad serait investi pour un second mandat le 26 juillet.
A la question de savoir si les Etats-Unis le reconnaîtraient comme le président légitime de l'Iran, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a répondu avec un prudent: "Nous allons suivre ce dossier au jour le jour."
L'Union européenne a également estimé qu'il était urgent d'attendre
Les Vingt-Sept devront arrêter leur position "en consultation étroite avec les Américains", a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, dont le pays va assumer la présidence tournante de l'UE à partir du 1er juillet.
Il est "trop tôt", a-t-il ajouté, pour que l'UE envisage des sanctions contre Téhéran.
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