09 février 2010
eitb.com

infos

un Os dans le Jambon

20 ans après Berlin, les autres murs de la honte restent debouts

Ramuntxo Garbisu - 08/11/2009 | eitb.com |
Laissez un commentaire

Un millier de dominos colorés géants seront renversés lundi pour célébrer le 20e anniversaire de sa chute. En Palestine, au Mexique, ou au Maroc, on ne regardera pas forcément la télé pour le voir.

Imprimer Imprimer

pared palestiniaagrandir image

En Palestine, au Mexique, ou au Maroc, d'autres ''murs de la honte'' restent debout. Photo : EFE

C'est demain que les Allemands fêteront en grande pompe le 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, pour commémorer ce jour où, le 9 novembre 1989, une foule imposante s'était massée à la frontière entre les deux Allemagnes pour enfin traverser la frontière.

Le gouvernement est-allemand, qui était en train de s'écrouler, venait d'annoncer sans fanfare que l'interdiction de traverser à l'ouest était levée immédiatement, et les gardes est-allemands n'avaient reçu aucune consigne précise quant aux modalités entourant cette nouvelle liberté de traverser d'un pays à l'autre.

Dans le centre de Berlin, un garde décidait simplement d'ouvrir les grilles et sa décision faisait boule de neige : le mur allait ensuite être détruit à coup de marteau, de pioches et de bulldozer par des Allemands en liesse les jours suivants.

Vingt ans plus tard, des blocs de polystyrène de plus de deux mètres de haut, peints par des étudiants allemands, proclament l'unité du peuple.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Rodham Clinton, le Premier ministre britannique Gordon Brown, les présidents français et russe Nicolas Sarkozy et Dimitri Medvedev devraient être présents lundi pour commémorer la chute du "mur de la honte".

D'autres murs attendent, entre fatalité et difficulté à croire qu'une solution ne puisse aussi être trouvée dans leurs cas.


Dans les territoires occupés de la Palestine

Tout le chemin accompli depuis les lointains accords d’Oslo, qui n’ont pas empêché une extension de la colonisation israélienne, ont débouché sur un mur de séparation, dont le tracé ne correspond à aucune frontière officielle mais a résisté à toutes les pressions internationales.

Long de 700 km, coupant les villages palestiniens en deux, ou privant des exploitants agricoles d'avoir accès à leurs champs d'oliviers, ces murs de plusieurs mètres de haut stigmatisent la nature de l'occupation israélienne, au nom d'une sécurité conçue comme la condition préliminaire à toute possibilité de paix.

Au moment où l’annonce de la non-représentation de Mahmoud Abbas, formulée comme une plainte douce à l’égard de ces Américains dont il se croyait l’ami, porte en lui-même les germes d'une nouvelle impasse politique, le mur n'est remis en question ni par Israël, ni par Hillary Clinton venu récemment suggérer un possible alignement de Barack Obama à l'intransigeance de Netanyahu.

Un milliard de dollars y a été consacré pour son édification...

Un mur dont se sont emparés aujourd'hui de nombreux artistes et citoyens pour en faire la vitrine burlesque et tragique d'une injure quotidienne à la volonté réelle de deux peuples de parvenir à la réconciliation.

Israël avance un nombre d'attentats en forte baisse, tandis que de nombreux observateurs de l'ONU décrivent un pays israélien littéralement "emprisonné", et dont le salut proviendra des avancées politiques apportées par les progressistes proches de Mahmoud Abbas.

Hier, lors de la manifestation hebdomadaire contre le mur qui traverse le centre d'un village situé près de Ramallah et isole les habitants de 60% de leurs terres agricoles, quelque 300 manifestants ont méthodiquement démantelé une section en béton avant que les forces israéliennes n’ouvrent le feu, à grands coups de gaz lacrymogènes, et de balles en caoutchouc.

Les villageois avaient tout de même pris le temps d'abattre une dalle de béton de huit mètres de haut en s’aidant d’un verin mécanique pour voiture.

"Il y a vingt ans, personne n’imaginait que la monstruosité d’un Berlin divisé en deux pourrait jamais être abattue, mais il n’a fallu que deux jours pour le faire", a déclaré Muhib Hawaja, un des manifestants, au journal israélien Yedioth Aharonot.


A la frontière des Etats-Unis et du Mexique

Longue de 3.200 kilomètres, de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique, la "tortilla border" sépare géographiquement les Etats-Unis du Mexique.

Depuis 2006, et la volonté de Georges W Bush de lutter contre l'immigration clandestine, le projet d'un mur de 1.200 km voit le jour, parsemé de clôtures électriques et de miradors.

Le néolibéralisme américain, qui a su profiter de la mondialisation pour imposer un modèle plus âpre, plus dur à l'égard des pauvres, a bien de la peine aujourd'hui à proclamer le principe d'un droit à l'égalité, à la liberté, sans limites ni remords.

Et ce mur américain ne parvient pas à être autre chose que l'expression gigantesque du mur de séparation que l'on retrouve dans ces "quartiers fermés" au sein des grandes villes américaines, censés protéger leurs riches propriétaires de l'appétit éventuel d'une pauvreté évoquée unqiuement en termes de délinquance.

Aucun de ces murs n'a pour l'instant réussi à faire disparaître la peur de ses bâtisseurs, les transformant dans le même mouvement en citoyens assiégés.

Depuis l'arrivée de Barack Obama, le nouveau président américain ne le lasse pas de prononcer des discours sur l'importance de la coopération entre les peuples, déclarant clairement que le plus grand des dangers serait de permettre à de nouveaux murs de diviser.

Pour autant, le nouveau président en exercice s'est abstenu de tout commentaire officiel, depuis son arrivée au pouvoir, au sujet du mur entre le Mexique et les États-Unis.

Et il n'existe aucun signe de ralentissement du chantier de construction, dont 80 % est achevé.


Dans l'enclave de Ceuta et Melilla

Enclave "espagnole" située sur la côte nord-ouest du Maroc, entre les deux villes de Ceuta et Melilla, elle symbolise la "fortress Europe", comme le poitnde traversée le plus court entre la zone nord-africaine et l'Europe.

Considérée par Madrid comme faisant partie intégrante de son territoire depuis 1995 (bénéficiant du même statut de "ville autonome" que d'autres régions ibériques), l'ONU "prie" régulièrement l'Espagne de rendre ce territoire au Maroc, mais se refuse de l'intégrer dans la liste des "territoires non-autonomes en attente de décolonisation" tels que définis par l'organisation internationale.

Le soutien inconditionnel de l'Union Européenne, qui aide l'Espagne à financer sa politique de lutte contre l'immigration clandestine dans cette région, l'a peu à peu transformer en zone militaire retranchée et grillagée, contre laquelle des milliers de migrants viennent tout de même miser les maigres possibilités d'une vie meilleure.

Mais leur "Internationale" à eux, sous forme de "Immigrer ou mourir", n'a pas débouché sur une prise en compte majoritaire de cette détresse.

Au contraire même, avec l'initiative européenne de la "Directive-retour", qualifiée de par le monde de "directive de la honte".

De nombreux récits de migrants en font pourtant une lecture bouleversante, au milieu desquels le roman "Eldorado" de Laurent Gaudet est à lire comme un bouleversement glaçant...



Commentaires:

Partager

Envia a un amigoEnvoyer
envoyer
EmbedEmbed

Montrer ce contenu sur votre site ou blog:

Publicité
08/11/2009 16:58