10 février 2010
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L'Alakrana attendu vendredi aux Seychelles, sur fond de polémique

Rédaction - 19/11/2009 | eitb.com |
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Le thonier basque est attendu vendredi matin à Port Victoria alors que les polémiques politiques et financières apparaissent à terre.

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Le thonier basque Alakrana est libre et navigue aujourd'hui dans l'Océan Indien, au large des Seychelles, escorté par une unique frégate de la Marine espagnole.

Compte tenu des conditions de navigation, le navire de pêche originaire de Bermeo (Biscaye) est attendu pour vendredi à Port Victoria aux Seychelles, où les marins seront accueillis par les familles des 8 pêcheurs galiciens et les autorités militaires.

De sources militaires, les familles des marins-pêcheurs basques, ont décliné l'offre qui leur avait été faite de se rendre également aux Seychelles.

Un avion des Forces armées espagnoles, affrété par le Ministère de la Défense décollera de la base aérienne de Torrejón de Ardoz pour les ramener sur le sol espagnol, via Madrid.

Avant cela, les 36 membres d'équipage subiront un examen de santé complet opéré par l'Institut Social de la Marine dès leur arrivée à quai à Port Victoria.

Ce midi, un groupe de marins galiciens a pris l'avion via l'aéroport de Paris pour relever l'équipage actuel. Un des marins, Paulino Veiga, qui se rend depuis 25 ans dans l'Océan Indien pour la pêche reconnaît qu'il part aujourd'hui "plus serin" avec l'escorte privée qui les accompagnera désormais.

"Sans elle, ni moi ni mes collègues ne partirions" reconnaît-il rappelant aussitôt qu'il y a quelques mois, ils avaient déjà subi une attaque de pirates à bord de l'Alakrana à laquelle ils avaient échappé grâce au mauvais temps.

Polémique judiciaire sur la libération des marins

La question de la rançon et le traitement des familles font l'objet de nombreuses polémiques à terre.

Jeudi, l'Audience nationale, c'est-à-dire la plus haute juridiction espagnole, a chargé le juge Santiago Pedraz d'étudier le dossier juridique et financier, en particulier le rôle des intermédiaires et des avocats londoniens qui ont négocié la rançon, évaluée entre 2,3 et 2,7 millions d'euros qui a permis la libération du bateau de pêche.

Le Ministère public demande en outre que les 16 pêcheurs basques et galiciens soient entendus par les autorités judiciaires. En Espagne, contrairement à la Grande-Bretagne où le paiement d'une rançon n'est pas considéré comme un délit, l'affaire de l'Alakrana pourrait entraîner des poursuites à l'encontre du cabinet londonien pour complicité ou coopération dans une séquestration et prise d'otage.

Les autorités espagnoles n'ont toujours pas reconnu officiellement le paiement de la rançon même la porte-parole du Gouvernement basque, Idoia Mendia, a confirmé qu'il y avait bien eu des négociations précisant d'ailleurs que c'est l'armateur du thonier qui a "finalement négocié et payé" la rançon.

Le captaine du navire de pêche, Iker Galbarriatu, a expliqué que la remise de la rançon s'est faite à tribord du bateau alors que les membres d'équipage se trouvaient à bâbord ne pouvant ainsi rien observer de la transaction. Il a précisé qu'il pense que les assaillants se sont partagés le butin dans la cabine des officiers. La chaîne de télévision américaine CNN précisera plus tard que les pirates ont échangé des coups de feu au sujet du butin à Harardhere, dans le centre de la Somalie, un bastion où les groupes de pirates ont leurs habitudes.

"Il y eut des coups de feu très nourris échangés entre certains de nos amis. Ils se sont battus pour les plus de trois millions d'euros qu'ils avaient reçus comme rançon pour le navire espagnol", a affirmé un journaliste local, cité par CNN, en contact avec les pirates.

Polémique politique

L'opposition a saisi le dossier de l'Alakrana pour s'attaquer aux gouvernements basque et espagnols.

Après 47 jours de solidarité avec les gouvernants, le Parti populaire (PP) a demandé la démission de trois ministres du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, dont la vice-présidente du gouvernement María Teresa Fernandez de la Vega.

La Ministre de la Défense Carme Chacon, et le Garde des Sceaux, Franciso Caamaño, sont aussi visés par les critiques virulentes portées par le chef de l'opposition, le galicien Mariano Rajoy.

De son côté, le porte-parole du Parti nationaliste basque (PNV) au Parlement espagnol, Josu Erkoreka a déclaré ne pas souhaiter s'en prendre aux représentants du gouvernement espagnol, contredisant les propos d'Emilio Olabarria, le député PNV aux Cortes, qui avait exigé des démissions un peu plus tôt dans la journée.

De leur côté, les maires de Bermeo, Ondarroa, Mundaka et Santurtzi et un représentant de la Mairie de Bilbao ont vivement critiqué le "mépris" manifesté par les gouvernements espagnol et basque à l'égard des familles de marins et des villes.

Face à ces violentes attaques, le ministre de l'Intérieur du Gouvernement basque Rodolfo Ares, a souligné que "nous avons informés de manière constante, les familles et ensuite les responsables de l'entreprise mais aussi les maires".



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