

La réforme hospitalière toujours contestée au sein des urgences. Photo : EFE
Dans un contexte marquée par de récents décès et par des mouvements de contestation des services d'urgences, le secrétaire national de l'UMP justifie la réforme hospitalière en cours par "10.000 morts causés chaque année par des erreurs médicales".
La déclaration vient du Pr Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP, mais également chef du service des urgences de l'hôpital Beaujon à Paris.
Pour lui, les erreurs médicales font "10.000 morts par an" dans les hôpitaux français, a-t-il expliqué sur les ondes d'une radio nationale. Et les erreurs graves sont "beaucoup plus nombreuses que les décès", ajoute le Pr Philippe Juvin, qui parle de "300.000 à 500.000 événements indésirables graves chaque année".
Dans ce contexte où des drames ont assombri la période des fêtes, la réforme entreprise par Nicolas Sarkozy et combattue par de très nombreux services d'urgences lui semble aller dans le sens de la nécéssité et de l'urgence. Ce triste décompte proviendrait non pas de l'insuffisance des moyens disponibles mais d'une mauvaise organisation des services de l'hôpital public.
Le Pr Philippe Juvin a également réclamé aussi qu'une enquête soit diligentée après chaque décès dans les hôpitaux, "y compris dans les cas qui ne semblent pas liés à l'exercice de la médecine". L'objectif serait d'arriver à disposer d'une "base de données nationale", comme "cela se fait déjà aux Etats-Unis", ce qui permettrait la mise en place "de mesures correctrices".
Les urgentistes "attérés"
Lors de l'inauguration du nouvel hôpital civil de Strasbourg, Nicolas Sarkozy a formellement exclu de débloquer de nouveaux fonds pour l'hôpital public.
Présidée par Patrick Pelloux, l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF) s'est déclarée, samedi 10 janvier, "atterrée par le discours" du Président de la République sur l'hôpital public.
Le gouvernement n'a de cesse de rétorquer que l'hôpital a assez de moyens mais trop mal utilisés. Nicolas Sarkozy assure que "l'hôpital doit être mieux organisé". En effet, l'AMUF considère que "l'argument de la nécessité d'une réorganisation ne tient pas", car selon elle, "la précédente réforme, dite Hôpital 2007, était une réforme organisationnelle" mais "est un lamentable échec".
"Une telle négation de la réalité des faits est inacceptable. La méthode Coué face à une crise de cette ampleur est une grave faute politique", poursuite le communiqué.
Indignée, l'AMUF estime que ses alertes sur le manque de moyens des hôpitaux "ont été méprisés et balayés d'un revers de main par les gens qui sont censés nous gouverner. Ils n'ont rien fait et l'hôpital est en situation de rupture. Comment accepter cet aveuglement, identique à celui du gouvernement de 2003 qui, en pleine catastrophe, niait les morts liés à la canicule ?".