19 mars 2010
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Procès d'EHLG #2 : les avocats des parties civiles dénoncent un syndrôme "Bové"

Ramuntxo Garbisu - 30/01/2009 | Bayonne |
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Faute d'éléments tangibles sous forme de témoignages ou de preuves matérielles, les deux avocats des parties civiles en auront été amenés à user de symboles pour dénoncer le "caractère préjudiciable" de l'existence de EHLG.

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Procès d'EHLG. Photo : Eitb.com

Pour les deux avocats représentant la Chambre d'Agriculture des Pyrénées Atlantiques (partie civile dans ce procès), la "confusion" amenée par le nom d'EHLG ne devait pas dissimuler la partie immergée d'un "iceberg" qu'ils ont décrit pendant l'audience.

Si, pour Maître Casadebeig, "la mascarade de tout à l'heure sur la langue basque ne peut pas cacher que le nom de l'association est un outrage, même proféré dans une langue non officielle", la nature réelle de la démarche d'EHLG ne semblait pas pouvoir résister à des comparaisons faciles à comprendre, sans doute plus difficiles à admettre dans la salle.

"La teneur et la légitimité du discours de Michel Berhocoirigoin n'est pas en cause, mais sa trajectoire fait penser à celle de José Bové : un militant d'abord sincère, mais que l'on retrouve ensuite avec une faux dans un champs de maïs. Avec aujourd'hui, un parallèle de plus dans la caractérisation d'une infraction", sous-entendu, celle de l'insoumission à l'ordre institutionnel.

José Bové, présent ce jour là à l'extérieur de la salle d'audience, aura sans doute manqué cette marque d'attention, tout occupé à répéter devant les médias ce que le modèle d'agriculture développé par EHLG lui inspirait comme admiration.


L'unicité du territoire

Le second avocat, Maitre Gallardo, aura puisé dans ce même sillon des "symboles" les raisons qui ont amené Jean-Michel Anxolabéhère et ses amis de la Chambre d'Agriculture de Pau à exiger la culpabilité d'EHLG et sa condamnation à 1 euro - tout aussi symbolique - pour la "dégradation de son image et de son action".

"Vous niez la confusion entre les symboles, alors que vous entretenez l'ambiguité des mots : vous ne pouvez plus faire illusion, Mr Berhocoirigoin !", lança-t-il en préambule.

Avant de chercher à rectifier l'image que se donnerait EHLG : "L'existence même d'un label Ossau-Iraty pour le fromage prouve bien qu'il n'y a pas de différences entre les territoires basques et béarnais : tous les paysans ont les mêmes problèmes ! La revendication d'un territoire paysan spécifiquement basque est incompréhensible. Il y a dans votre démarche un aspect profondément déplaisant pour tout ce qui n'est pas basque, vous occultez le problème des autres. Sachez que la solidarité du monde entier, des paysans du Vénézuela à ceux d'ici, ne se divise pas !"


La dénonciation d'une "légitimité de façade"


"La création d'une association spécifique ne peut pas être légitimée par ce que vous présentez comme l'échec de la Chambre d'Agriculture des Pyrénées Atlantiques. Car je rappelle que vous en êtes l'élu, Berhocoirigoin, et que vous refusez d'y siéger. Alors que le monde paysan traverse des crises dramatiques !"

Evoquant sans l'expliciter la position de refus du syndicat ELB (dont fait partie Michel Berhocoirigoin) de procéder aux campagnes de vaccination telles que préconisées par la Chambre d'Agriculture, Maitre Gallardo choisit dès lors de décrire longuement la situation dramatique d'un éleveur d'ovins de son canton, devant la mort programmée de son troupeau face à la maladie de l'agalaxie.

Avant d'en déduire : "Vous critiquez des méthodes par refus de la solidarité. Pourquoi diable essaiez-vous d'accréditer cette thèse d'une Chambre d'Agriculture désignée par vos soins comme productiviste et entrepreneuriale ? Vous ne faites qu'utiliser des termes ségrégationnistes !"

Et de conclure : "J'appelle de mes voeux à une entente avec cette structure en charge d'une mission confiée, par un Etat de droit, à la Chambre d'Agriculture, et à personne d'autre ! Alors, que chacun demeure à sa place ! Vous n'avez pas le monopole de l'agriculture ! "

Dans une indifférence qui ne prenait nul soin à se dissimuler, la fin de son exposé porta ensuite sur la lecture d'un texte de 1852 sur la notion de "peuple solidaire"...


Sommaire du reportage :

Analyse : La Justice réserve son verdict : l'Histoire, elle, a déjà tranché
Procès d'EHLG #1 : la place de la langue basque dans l'accusation
Procès d'EHLG #2 : les avocats des parties civiles dénoncent un syndrôme "Bové"
Procès d'EHLG #3: le rôle trouble de la Préfecture
Procès d'EHLG #4 : de "curieuses" pièces complémentaires dans le dossier
Procès d'EHLG #5 : le Parquet évoque un Pays Basque "délaissé par la Chambre de Pau"
Analyse : La Chambre d'Agriculture à Pau dans l'obligation de se remettre en question


Articles annexes

EHLG défend une agriculture durable pour nourrir le monde - article du 25/04/2008
L'Etat français poursuit sa lutte contre Laborantza Ganbara - article du 3/09/2008
Ils l'affirment "L'avenir de l'Agriculture en Pays basque passe par la Chambre d'Agricutlure officielle" - article du 20/11/2008
Les intimidations du Préfet amplifient le soutien à Laborantza Ganbara - article du 8/12/2008
Un soutien massif pour le 4ième anniversaire d'EHLG - article du 18/01/2009
Danielle Mitterrand : "Laborantza Ganbara construit le monde de demain" - article du 20/01/2009
 



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