

Dominée mais courageuse surtout en seconde période, l'équipe de France a remporté le neuvième Grand Chelem de son histoire en battant 12-10 l'Angleterre, samedi soir au Stade de France en match de la cinquième et dernière journée du Tournoi des Six Nations. Les Bleus menaient 12-7 à la pause.
Après leurs succès en Ecosse (18-9) et au pays de Galles (26-20) puis leurs deux victoires face à l'Irlande le champion sortant (33-10) et l'Italie (46-20) à Saint-Denis, les Bleus ont énormément souffert face à des Anglais qui jouaient sur leur orgueil. Mais la formation tricolore n'a rien lâché et su gagner sans être la meilleure.
Après la défaite de l'Irlande face à l'Ecosse samedi à Croke Park (20-23), la France avait déjà le gain du Tournoi en poche avant le coup d'envoi mais les Bleus voulaient plus et l'Angleterre qui restait sur trois victoires d'affilée face aux Bleus était encore prête à jouer les briseuses de rêve.
Neuvième Grand Chelem du XV de France et beaucoup de fierté
"C'est de la fierté", a déclaré l'entraîneur Marc Liévremont après l'exploit des Bleus. "On n'a pas maîtrisé ce soir, je ne sais pas si c'est la peur de gagner, mais l'état d'esprit a été remarquable, les joueurs ont démontré beaucoup de courage et on a eu pas mal de chance devant une belle équipe anglaise qui a maîtrisé le match".
"On savait que ce match serait dur, les Anglais avaient dit qu'ils voulaient gâcher la fête mais l'état d'esprit est là, on n'a rien lâché de tout le tournoi", a déclaré l'avant Nicolas Mas.
"C'est une grande fierté pour ce soir et pour l'ensemble du Tournoi d'autant que ce match a été très difficile. On a fait le Grand Chelem, on peut être fiers de nous. On a une grande équipe", a déclaré le capitaine Thierry Dusautoir.
Troisième Grand Chelem personnel pour Imanol Harinordoquy
"On a vu aujourd'hui qu'il est difficile de gagner tous les matches, que les Anglais pouvaient nous priver de quelque chose d'extraordinaire. Les dernières minutes ont été difficile à vivre, j'ai versé une petite larme", a déclaré le troisième ligne centre Imanol Harinordoquy, après son troisième Grand Chelem personnel. "Le groupe vit bien, il y a une bonne ambiance sur le terrain et en dehors. Aujourd'hui on a validé toutes les semaines de travail devant 80.000 personnes".
En première période, la France n'a pas pu faire plier la défense anglaise mais a poussé suffisamment les Anglais à la faute, notamment en mêlée fermée, pour marquer neuf points de pénalité par Morgan Parra, les autres points bleus étant venus d'un drop de François Trinh-Duc. De leur côté, les Anglais avaient pris un temps l'avantage au score sur un essai de Ben Foden transformé par Toby Flood.
Une deuxième période de "combat"
En seconde période et comme cela avait le cas à Cardiff, les Bleus subissaient énormément. Mais ils ne concédaient qu'une pénalité à Jonny Wilkinson. Ce dernier ramenait l'Angleterre à deux points maintenant le suspense jusqu'au bout.
La France sonnait la première charge et ouvrait rapidement le score par un drop de François Trinh-Duc (4e). Mais les Anglais répliquaient aussi sec. En proposant du jeu de mouvement là où les Français attendaient de l'affrontement, ils décalaient leur arrière Ben Foden pour son premier essai international. Toby Flood, préféré à Jonny Wilkinson à l'ouverture, transformait dans un angle difficile (3-7, 6e).
Les Bleus ne prenaient pas l'eau même si les gouttes commençaient à s'abattre sur la pelouse dyonisienne. Morgan Parra qui était à 80 % de réussite dans ses tentatives au pied depuis le début de la compétition manquait, toutefois, sa première pénalité (12e).
Mais, comme les Français gardaient la main sur le ballon, le jeune demi de mêlée clermontois (21 ans) avait l'occasion de se reprendre peu de temps après (6-7, 18e). L'Angleterre était, ensuite, punie pour avoir effondré une mêlée et Parra pouvait doubler la mise remettant la France (9-7, 23e). Une nouvelle salve de pluie saluait l'événement.
Les Anglais ne résolvaient nullement leurs problèmes en mêlée et offraient une nouvelle pénalité au pied gauche de Parra qui ne se privait pas pour ajouter trois points (12-7, 34e). C'était le score à la pause.
Les Anglais faisaient souffrir leurs hôtes dès début de seconde mi-temps. La balle savonnette était insaisisable pour les Français qui se faisaient énormément bouger. Clément Poitrenaud sauvait son camp en se couchant dans l'en-but une balle jouée au pied pour lui même par l'ailier néophyte Chris Ashton (48e). Juste avant Flood n'avait pas cadré son drop (47e).
Les Français avaient du mal à deserrer l'étau. Le capitaine anglais Lewis Moody marquait même un essai mais l'action était entaché d'un en-avant (60e).
Le jeu au pied affligeant de Trinh-Duc offrait aux Anglais de très nombreuses occasions de relance qui maintenaient les Bleus sous pression. Jonny Wilkinson, entré en jeu à la 61e, passait une pénalité redonnant vie au tableau d'affichage et ramenait les Anglais à deux points (12-10, 67e).
En fin de match, les Français arrivaient enfin à tenir un peu mieux le ballon et pouvaient s'acheminer dans la douleur vers le Grand Chelem. Ils rejoignaient au Panthéon du rugby les autres "chlemards" français de 1968, 1977, 1981, 1987, 1997, 1998, 2002 et 2004.
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